Very Irresistible Givenchy : l’éternel floral passionnant
Bon, soyons honnêtes. Quand Givenchy a lancé Very Irresistible en 2003, le nom m’a fait lever les yeux au ciel. Un titre pareil, franchement, ça sentait le marketing à plein nez. Mais voilà, vingt ans plus tard, je dois avouer que ce parfum a traversé le temps sans prendre une ride. Ou presque.
J’ai redécouvert ce jus récemment dans une vide-grenier – un flacon à moitié vide, 3 euros. La dame qui le vendait m’a dit : « C’était mon préféré, mais maintenant je porte autre chose. » Cette phrase résume assez bien le destin de Very Irresistible. Adoré, puis oublié, puis… redécouvert?
Givenchy, entre haute couture et parfumerie accessible
La maison Givenchy n’a plus besoin de présentation. Fondée en 1952 par Hubert de Givenchy, elle incarne ce chic parisien intemporel qu’on associe immédiatement à Audrey Hepburn et sa petite robe noire. Du côté parfumerie, Givenchy a toujours joué sur deux tableaux : les créations audacieuses (L’Interdit, Gentleman) et les jus plus commerciaux destinés au grand public.
Very Irresistible appartient clairement à la seconde catégorie. Ce n’est pas une critique, juste un constat. Sophie Labbé et Dominique Ropion ont composé un floral gourmand pensé pour séduire massivement. La question que je me pose aujourd’hui : ce choix a-t-il payé sur la durée?
Entre nous, Givenchy a parfois tendance à jouer la sécurité. Leurs parfums sont techniquement irréprochables mais rarement surprenants. Very Irresistible confirme cette stratégie – pour le meilleur et pour le pire.
L’analyse olfactive : un floral qui joue cartes sur table
L’ouverture : fraîcheur anisée inattendue
La première pulvérisation m’a fait sourciller. Pas ce que j’attendais.
L’anis étoilé débarque en tête avec une franchise désarmante. Ça sent presque le pastis pendant trente secondes (oui, vraiment). Cette note verte légèrement camphrée détonne dans un parfum censé être irrésistible et féminin. J’adore. C’est justement ce twist qui empêche Very Irresistible de tomber dans la mièvrerie totale.
La framboise suit de près, mais elle reste discrète. Pas de gourmandise écœurante, plutôt une acidulé fruitée qui vient équilibrer l’anis. La rose pointe déjà le bout de son nez, impatiente de prendre le contrôle.
Le cœur : la rose sous toutes ses coutures
Et là, surprise. La rose explose littéralement.
Mais attention, pas n’importe quelle rose. Givenchy parle de cinq variétés différentes dans la composition. Je ne sais pas si j’arrive à toutes les distinguer (franchement, qui le peut?), mais le résultat donne une rose multifacette : poudreuse, verte, légèrement épicée, presque charnelle par moments.
C’est difficile à décrire, mais imaginez une rose qui ne sent pas uniquement « la rose de grand-mère ». Elle a du caractère. La pivoine ajoute une dimension aquatique subtile qui aère l’ensemble – heureusement, parce qu’avec autant de rose, on pourrait vite étouffer.
L’étoile d’anis revient par vagues, créant ce contraste vert-floral qui fait tout le sel de Very Irresistible. Sans cet anis, on aurait un énième floral rose banal. Avec lui, le parfum gagne en personnalité.
Le fond : là où ça faiblit un peu
Disons-le. Le fond de Very Irresistible, c’est son point faible.
Les bois restent discrets, presque timides. On devine le patchouli (obligatoire dans les années 2000), quelques notes musquées qui tentent d’apporter de la sensualité. Mais honnêtement, après quatre heures, il ne reste qu’une impression poudreuse assez générique.
J’aurais aimé plus de profondeur, quelque chose qui ancre vraiment cette belle rose anisée. À la place, Very Irresistible s’évapore en douceur, presque poliment. Trop poliment pour un parfum qui s’appelle « Very Irresistible », vous voyez le genre?
Performance : la réalité en face
Parlons chiffres. Sur ma peau, Very Irresistible tient environ 5 à 6 heures. Correct sans être renversant. Le sillage reste modéré – vos collègues proches vous sentiront, mais vous ne laisserez pas de traînée parfumée dans votre sillage (malgré mon nom de plume, j’avoue que ça m’arrange parfois).
La concentration Eau de Parfum existe et améliore un peu la tenue. Mais ne vous attendez pas à un monstre de longévité. Ce n’est pas Very Irresistible qui vous accompagnera du bureau jusqu’au bout de la nuit.
Pour l’été, cette discrétion devient un atout. Par forte chaleur, la rose et l’anis ne virent jamais au lourd. L’hiver par contre… il faudra recharger en cours de journée.
À qui s’adresse vraiment ce parfum?
Bonne question.
Very Irresistible a été marketé pour les jeunes femmes dynamiques et féminines – la fameuse cible 25-35 ans. Dans les faits, je le trouve plus mature que ça. La rose reste une note qui plaît rarement aux très jeunes nez habitués aux fruités sucrés actuels.
Je dirais que Very Irresistible convient parfaitement :
- Aux amoureuses de rose qui cherchent une version moderne, moins poudreuse que les classiques
- À celles qui veulent un parfum de bureau safe mais pas ennuyeux
- Aux nostalgiques des années 2000 qui assument leurs goûts (et croyez-moi, cette période revient en force)
- Aux débutantes en parfumerie qui veulent découvrir un beau floral sans se ruiner
Par contre, passez votre chemin si vous détestez la rose ou si vous cherchez un parfum original qui sort des sentiers battus. Very Irresistible reste sage malgré son nom provocateur.
Le flacon : élégance minimaliste
Le design mérite qu’on s’y attarde deux secondes. Ce flacon transparent avec ses lignes verticales qui jouent avec la lumière, franchement, il vieillit bien. Pas de fioritures baroques, pas de strass inutiles. Juste une bouteille qui respire la féminité parisienne discrète.
Le bouchon argenté reste simple. Ah, et j’oubliais : le jus rose pâle à l’intérieur évite le piège du rose bonbon criard. Tout est pensé pour séduire sans en faire des tonnes.
Le contexte : 2003, une autre époque
Pour comprendre Very Irresistible, il faut se replacer en 2003. L’époque des floraux-fruités gourmands triomphants. Flowerbomb de Viktor&Rolf allait sortir deux ans plus tard et révolutionner le secteur. Givenchy a senti le vent tourner et a créé sa propre version du floral moderne.
Comparé aux blockbusters actuels, Very Irresistible paraît presque sage. Mais c’est justement cette retenue qui le rend encore portable aujourd’hui. Il n’a pas cette saturation sucrée qui date instantanément les parfums de cette période.
Mon verdict personnel (et subjectif)
Alors, Very Irresistible, irrésistible ou pas?
Disons que le nom survend le produit. C’est un très bon floral rose avec une touche anisée intelligente. La composition reste propre, bien faite, agréable. Mais irrésistible… Comment dire, je ne me retourne pas dans la rue quand quelqu’un le porte.
Ce qui me plaît : cette rose multifacette qui évite le cliché, l’anis qui apporte du relief, la portabilité tous contextes, le prix accessible (on trouve des flacons neufs autour de 40-50 euros).
Ce qui me déçoit : le fond qui manque de caractère, la longévité moyenne, l’impression globale de « déjà-senti » malgré les qualités objectives.
Ma note : 7,5/10
Un bon parfum, bien exécuté, qui remplit son contrat sans jamais vraiment surprendre. Si vous cherchez une valeur sûre florale pour le quotidien, foncez. Si vous voulez qu’on vous arrête dans la rue pour demander votre parfum… cherchez ailleurs.
Les alternatives à considérer
Dans la même veine rose-moderne, je vous conseille de sentir aussi :
- Lancôme Trésor In Love (plus fruité, plus jeune)
- Yves Saint Laurent Paris (plus classique, plus puissant)
- Chloé Eau de Parfum (plus poudrée, plus féminine)
- Dior Miss Dior Blooming Bouquet (plus aérien, moins anisé)
Chacun a sa personnalité. Very Irresistible se situe pile au milieu en termes d’intensité et de modernité.
Conclusion : un floral qui mérite sa seconde chance
Voilà. J’ai passé trois semaines à porter Very Irresistible pour cet article. Mes conclusions? C’est un parfum honnête qui ne prétend pas révolutionner la parfumerie mais qui fait bien son boulot.
Dans un marché saturé de créations hurlantes qui cherchent absolument à se démarquer, cette simplicité devient presque rafraîchissante. Very Irresistible sent bon, point. Il ne raconte pas d’histoire compliquée, il ne vous transforme pas en déesse orientale mystérieuse.
Il fait ce qu’un bon floral doit faire : vous donner confiance, habiller votre peau avec élégance, ne pas fatiguer votre entourage.
Est-ce que je le rachèterais? Probablement pas en flacon plein tarif – j’ai déjà trop de floraux dans ma collection. Mais si je le trouvais en promo ou en vide-grenier comme l’autre jour, je n’hésiterais pas.
La vraie question reste entière : peut-on créer un parfum vraiment irrésistible, ou est-ce que l’irrésistibilité dépend surtout de qui le porte?
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