Covet de Sarah Jessica Parker : l’audace avant la célébrité

Bon, soyons honnêtes : quand on voit « Sarah Jessica Parker » sur un flacon, on s’attend à quoi ? Un truc sucré, commercial, paillettes et compagnie. J’avais ce préjugé. Totalement.

Et puis j’ai senti Covet.

Sarah Jessica Parker parfumeuse : le coup de poker

Sorti en 2007, Covet arrive à un moment bizarre. SJP est au sommet de sa gloire post-Sex and the City, mais au lieu de surfer sur la vague avec un jus girly prévisible, elle fait un truc… déroutant. Presque risqué pour une célébrité.

La collaboration avec Coty et le nez Clement Gavarry donne naissance à quelque chose qui ne ressemble à rien d’autre dans la catégorie « parfums de stars ». Franchement, c’est carrement audacieux. Le flacon lui-même (cette forme organique verte) annonce la couleur : on ne va pas vous servir du classique.

Entre nous, c’était un pari. Les fans attendaient probablement quelque chose de plus accessible, de plus doux. Raté.

Ce que mon nez a découvert

Les premières secondes : la claque verte

Le citron de Sicile arrive direct. Pas celui des eaux fraîches d’été, non. Un citron presque amer, qui pique un peu. La géranium s’invite immédiatement avec son côté herbeux-métallique qui surprend. Vraiment.

C’est humide. Froid. Mouillé comme des feuilles après la pluie. J’ai mis trois bonnes secondes à comprendre ce qui m’arrivait. Vous voyez le genre ? Cette sensation de « mais qu’est-ce que c’est que ce truc » – dans le bon sens du terme.

Le cœur : là où ça devient intéressant

La lavande pointe son nez mais elle n’est pas sage du tout. Elle se mélange avec un chocolat-cacao presque amer. Cette combinaison… comment dire, c’est difficile à décrire mais ça fonctionne d’une manière tordue.

Des notes florales apparaissent (magnolia, muguet) sans jamais prendre le dessus. Elles restent en retrait, presque timides face à cette végétation humide qui domine. Le jasmin essaie de féminiser l’ensemble, avec un succès mitigé. Et honnêtement ? Tant mieux.

Pour approfondir l’analyse de Covet, j’ai passé une semaine entière à le porter dans différentes conditions. Température, humidité, superposition… tout change sa personnalité.

Le fond : la surprise boisée

Vétiver et patchouli s’installent pour de bon. Le bois de santal apporte une onctuosité qui calme enfin le jeu. Mais le vétiver reste maître des lieux – terreux, presque sale, définitivement pas glamour.

L’ambre et le musc tentent de réchauffer, de sensualiser. Ils y arrivent partiellement. Disons que ça reste fraîche-boisée avant d’être sensuelle-orientale. La vanille ? Quasi inexistante sur ma peau. Juste une touche sucrée qui empêche le truc de virer complètement unisexe-austère.

La tenue est correcte (6-7h), le sillage modéré. On n’est pas dans le « remplir une pièce », plutôt dans le « bulle intime ».

Pour qui ce parfum bizarre ?

Bref. Covet n’est pas pour tout le monde. Clairement pas.

Si vous cherchez :

  • Un truc conventionnellement féminin : passez votre chemin
  • Du sucré-gourmand : mauvaise pioche
  • Un parfum consensuel bureau-friendly : non plus
  • Quelque chose de linéaire et prévisible : vous allez détester

Par contre, si vous aimez :

  • Les parfums verts qui assument leur côté végétal-mouillé
  • Les compositions qui vous font réfléchir (« mais c’est quoi exactement ? »)
  • Porter quelque chose d’inattendu venant d’une célébrité
  • Les jus qui évoluent vraiment sur la peau
  • Le vétiver même quand il fait pas beau

Alors là, oui. Testez.

Mon verdict de passionnée

Je ne vais pas vous mentir : j’ai failli détester Covet la première fois. Trop vert. Trop froid. Pas assez… parfum quoi.

Et puis je suis revenue dessus. Encore. Et encore. Parce que ce truc a un côté addictif malgré (ou grâce à ?) son caractère difficile. C’est le genre de parfum qui ne vous laisse pas indifférente – soit vous fuyez, soit vous tombez dedans.

Ce qui me fascine ? L’audace du projet. SJP aurait pu faire un truc safe, vendeur, gentillet. Elle a choisi de faire ça. Un parfum vert-boisé-étrange qui défie toutes les attentes. Respect.

Les défauts ? La tenue pourrait être meilleure pour le prix (bon, c’est du celebrity parfum, faut pas rêver non plus). Et sur certaines peaux, le côté vert-humide peut virer carrément marécage – testez absolument avant d’acheter.

Les qualités ? L’originalité. La composition qui tient la route. Le fait qu’en 2024, ça sent toujours pas daté. Et ce prix ridicule pour un jus qui aurait pu coûter trois fois plus chez une maison de niche.

Ma note : 7.5/10

Pourquoi pas plus ? Parce que la longévité me déçoit. Parce que c’est quand même capricieux selon les peaux. Parce que certains accords me semblent pas totalement aboutis (ce chocolat-lavande, j’hésite encore).

Pourquoi pas moins ? Parce que bordel, c’est courageux. Parce que ça sent bon malgré tout. Parce que dans ma collection, c’est mon « parfum Sarah Jessica Parker » et que ça fait toujours son petit effet quand je le dis.

Quelques réflexions en vrac

Covet m’a appris un truc : ne jamais juger un parfum sur son étiquette. Celebrity fragrance ne veut pas dire nul. Ça peut même vouloir dire « plus intéressant que 80% des lancements de niche de l’année ».

Il a aussi ouvert une discussion sur ce qu’on attend d’un parfum féminin. Pourquoi une femme ne pourrait pas sentir le vétiver mouillé et la terre fraîche ? Qui a décidé que féminin = floral-sucré-vanillé ?

En 2007, Covet était en avance. Aujourd’hui, avec l’explosion des parfums unisexes et verts, il trouverait peut-être mieux son public. Ou pas. Allez savoir.

Ah, et j’oubliais : le flacon. Cette forme bizarre vert forêt. Certains trouvent ça moche, moi je trouve ça cohérent avec le jus. Organique, étrange, pas particulièrement glamour. Ça se défend.

Conclusion (ou pas)

Covet reste ce paradoxe fascinant : un parfum de célébrité qui refuse de plaire à tout prix. Un jus vert-boisé dans un marché saturé de gourmands. Un pari audacieux qui n’a probablement pas eu le succès commercial espéré mais qui mérite clairement qu’on s’y intéresse.

Est-ce que je le recommande ? Ça dépend tellement de vous. De ce que vous cherchez. De votre rapport au risque olfactif. De votre patience avec les parfums difficiles.

Tout le monde va aimer ? Absolument pas. Ceux qui aiment vont le défendre bec et ongles ? Probablement. C’est un peu le parfum culte malgré lui.

Et vous, vous oseriez ?

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